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On revient ce matin sur le triste anniversaire des Attentats du 13 novembre, à Paris… Il y a 4 ans, 130 personnes tombaient dans des attaques terroristes au Bataclan, à la terrasse des bars et près du Stade de France à Paris… On parle ce matin des conséquences psychologiques pour ceux qui ont assistés, mais sont restés après ce drame… Notamment Gaëtan Honoré, qui a survécu, caché sous un corps dans la fosse du Bataclan… Père de 2 enfants, de 8 et 3 ans à l’époque, il a développé un phénomène de surprotection pendant de longs mois… Allant jusqu’à se réveiller plusieurs fois dans la nuit pour s’assurer que ses enfants étaient toujours vivants… Mais aussi une grande fatigue et un manque de patience évident, ce qui a pu s’avérer compliqué face à la sécurité affective dont un enfant a besoin dans son développement… Gaëtan a également développé une imagination débordante, craignant une attaque par des djihadistes marins, en voyant un jet ski au large, alors qu’il était en vacances à l’océan…

Autre angoisse, celle de Christine, dont la fille de 34 ans – Justine – a perdu la vie à la terrasse de La Belle Epoque… Le simple bruit d’une sirène l’effrayait, concédant que « son indépendance était à relativiser »… Une réaction loin d’être étonnante pour le neuropsychiatre – Boris Cyrulnik – pour qui : « Les parents d’enfants blessés ou décédés doivent d’abord se sécuriser, de façon à sécuriser les autres enfants » de la fratrie…

Autre maman de victime, Myriam a perdu son fils aîné au Bataclan… Ses deux autres filles, âgées de 22 et 34, sont surprotégées face à la moindre tension, pour la raison suivante : « Mon rôle de mère, c’était de protéger. C’est toujours de les protéger. Mais je le ressens différemment parce que je n’ai pas été capable de protéger Matthieu »…

Gaëtan, lui aussi, a surcouvé ses 2 filles après le Bataclan… Un réflexe compliqué à concilier avec la quête d’autonomie des enfants… Une réaction expliquée par le pédopsychiatre Jacques Dayan : « La parentalité va être modifiée à la hauteur de ce qui a changé chez l’adulte victime de l’attentat »… « Tout dépend de comment on a été exposé, combien de temps, à quel degré on a été touché, si on a été blessé ou pas, endeuillé ou non », selon la docteure en psychologie, Francine Couëtoux-Jungman… Chacun a donc eu des questionnements différents sur la manière de gérer l’après, avec violence ou en préservant son enfant…

Stéphane, a, pour sa part, tout de suite compris qu’il fallait préserver sa fille… Et ne pas s’enfermer… Cela est passé par emmener sa fille à l’école le lundi suivant, mais aussi déménager, et prendre sur lui pour retourner à un spectacle… En l’occurrence celui de l’école de cirque de sa fille en mai 2016 au Casino de Paris… Stéphane et Gaëtan notent aussi l’importance de leurs enfants dans leur reconstruction… Par des gestes simples comme rappeler à tout le monde que son papa avait gagné une médaille lors d’une course à pied, ou avec des mots bien plus délicats que certains adultes…

Enfin, il est important de verbaliser l’événement, sans le teindre de l’émotion que l’on a ressenti… Avec des mots simples comme ceux de Stéphane « Il y a eu un attentat, je n’étais pas loin »… Bien qu’il soit encore difficile de regarder les cérémonies à la télé, ou encore de recevoir des SMS, comme pour un deuxième anniversaire, à la date du drame…

Mais certains y ont trouvé du positif… Depuis la mort de son aîné, Myriam passe toutes ses vacances avec ses filles et leurs conjoints… Ou encore de relativiser chaque bons moments pour Gaëtan, afin de « capitaliser pour plus tard »…

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