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Le dollar, la clef de voûte de la politique économique américaine

Ecrit par le 22 octobre 2019


On parle ce matin du poids des monnaies mondiales… Et notamment le Dollar, qui reste la première monnaie, avec 62% des réserves de changes… Suit l’€, avec 22%, puis le Yen japonais (5%) et la livre Sterling (4%)… Le Yuan chinois ne requiert que 2%, alors que la Chine est la première puissance commerciale… Et pourtant, la part des monnaies occidentales sont en repli dans les réserves de change depuis le début du 21è siècle… Le dollar a ainsi perdu près de 6 points depuis 2002, quand l’€ s’est contracté de 2 points… Seules les monnaies australiennes et canadiennes ont gagné 6 points en 20 ans…

Cependant, l’€ n’a pas profité du recul du Dollar, car la crise des dettes souveraines et des incertitudes, tant économiques que politiques, ont amené le différentiel des taux d’intérêts à 10 ans que de 2 points entre la zone€ et les Etats-Unis… Cela a donc poussé les investisseurs à privilégier les placements en Dollars..

Autre argument de poids, la forces du Dollar tient autant à la profondeur de son marché financier, qu’à sa puissance économique et militaire… À titre d’exemple, le Dollar offre un grand nombre de titres disponibles aux non-résidents… Alors que les marchés chinois ou japonais sont beaucoup plus frileux, avec respectivement 5 et 13% de titres publics dédiés aux non-résidents… Pour ce qui est de la zone€, certains pays font monter ce taux à plus de 50%… La devise américaine reste donc une valeur refuge, notamment en période d’incertitudes…

Ce qui confère une arme diplomatique à disposition des Etats-Unis, comme cela a pu être constaté dans le cadre des embargos contre l’Iran…

Au niveau intérieur, le pays profite de la force de sa monnaie pour capter une part non-négligeable de l’épargne mondiale pour financer ses déficits budgétaires et commercial…

Or, dans les chiffres, le déficit public américain a bondit à 6% du PIB en 2019, quand la dette publique se rapproche des 120% du PIB (contre 110% à l’arrivée de Donald Trump en 2016)… La balance courante est déficitaire de plus de 3% du PIB et la dette extérieure dépasse désormais les 50% du PIB… Enfin, l’encourt des titres détenus par les non-résidents, est passé de 2 000 à 6 800 milliards de dollars entre 2007 et 2019, selon la Réserve Fédérale…

Or, du fait de l’abondance de l’épargne à l’échelle mondiale, la baisse des taux d’intérêt n’a pas eu d’incidence sur les flux de capitaux dont profitent les Etats-Unis, car la valeur refuge l’emporte sur l’effet rendement… Donald Trump demande cependant à la Réserve Fédérale d’abaisser ses taux directeurs, car il estime que les Etat-Unis perdent des parts de marché, du fait que les Etats européens déprécient volontairement leur monnaie… Une stratégie risquée au vu de l’importance des titres détenus par les autres Etats, dont la Chine, qui pourraient amplifier les ventes… La place du marché américain constitue donc un frein à une remise en cause brutale des équilibres de placements… Car si l’Arabie Saoudite supplée la Chine dans l’achat de titres du Trésors américain, il y a nécessité à ce que les Américains épargnent pour peser sur la consommation et la croissance du pays… Les Etats-Unis n’ont rien à gagner sur le plan macro-économique à déprécier leur monnaie…   

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