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Le PS obtiendra-t-il la majorité absolue lors des législatives dimanche ?

Ecrit par le 4 octobre 2019


Le PS portugais obtiendra-t-il la majorité absolue dimanche lors des législatives ?

 

C’est le principal enjeu des élections législatives de dimanche. Ce 6 octobre, les Portugais sont appelés aux urnes pour élire leurs députés, et un mystère plane sur ce scrutin : le Parti socialiste, actuellement au pouvoir et grand favori, obtiendra-t-il la majorité absolue ?

 

Au début de mois de septembre, cela ne faisait aucun doute. Plusieurs sondages annonçaient que le parti de gouvernement raflerait les pleins pouvoirs au Parlement. On lui prêtait alors des scores plus que flatteurs, avec plus de 43 % des intentions de votes. Au-delà donc du seuil de la majorité absolue, autour de 39 %, et surtout loin, très loin devant le principal parti de droite, le Parti social démocrate.

 

Mais depuis, la donne a changé. Ces derniers jours, à la faveur d’un bond dans les sondages, le PSD n’était plus qu’à 7 points du PS : 30 % d’intentions de vote pour l’un, 37 pour l’autre. Derrière, le Bloc de gauche pointait à 10 % et le Parti communiste, à 6 %. De quoi plomber, donc, le scénario d’une majorité absolue.

 

Et ce renouveau inespéré de l’opposition dans les sondages doit notamment à l’affaire Tancos, dont tout le monde parle en ce moment. Il s’agit d’une rocambolesque affaire de vol de matériel militaire, survenu en juin 2017, dans un dépôt du village de Tancos, dans le centre du Portugal. Le matériel avait été retrouvé quelque temps après, à une vingtaine de kilomètres.

 

Dans cette affaire, l’ancien ministre de la Défense a été mis en examen le 26 septembre dernier, comme 23 autres personnes. L’homme est accusé d’avoir couvert les auteurs présumés du vol, qui ont ainsi pu échapper aux autorités. Ces accusations éclaboussent évidemment tout le gouvernement socialiste. Et ce scandale politico-judiciaire ravive la méfiance d’une partie de l’électorat, qui pourrait bien reporter son vote sur l’opposition.

 

D’autant que l’affaire Tancos vient de connaître de nouveaux rebondissements, dans la dernière ligne droite de la campagne. L’ancien ministre a reconnu, alors qu’il était sur écoute, être parfaitement au courant de ce qui se tramait à Tancos.

 

Dimanche quoi qu’il en soit, le verdict tombera. On verra alors si la fameuse affaire a pesé sur les votes. L’échéance électorale, en tout cas, est primordiale pour le PS. Le Premier ministre Antonio Costa rêve de former une coalition majoritaire, lui permettant de gouverner sans ses alliés. Car durant le mandat de quatre ans qui vient de s’écouler, le PS bénéficiait du soutien – sans participation – du Bloc de gauche et du Parti communiste. Leur alliance en 2015, la fameuse « geringonça », avait permis à la gauche de revenir au pouvoir, avec l’espoir  d’en finir pour de bond avec les mesures d’austérité instaurées durant les années de crise.

 

Cette fois, le Parti socialiste, fort de l’embellie économique, veut gouverner seul. Le gouvernement peut se targuer d’un taux de chômage de seulement 6,2% et d’une croissance moyenne de 2,4% en 2018. Mais le « miracle portugais » n’est pas celui qu’on vante partout en Europe. La dette publique du pays reste l’une des plus élevées du continent. Les loyers ont explosé ces dernières années, les bas salaires et précarité persistent. Et surtout, de nombreux Portugais estiment que l’austérité n’est pas terminée. L’exprimeront-ils par le vote ? Réponse dimanche.


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